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COMITE CONTRE LA FRENESIE AUTOROUTIERE

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Chantal Beauchamp Impasse du marché 37320 Esvres-sur-Indre
Téléphone : 02-47-26-43-18 et 06-08-57-18-49 Télécopie : 02-47-26-51-29
Adresse électronique : c.c.f.a@wanadoo.fr

Communiqué du 12 novembre 1999 / A 85 Tours-Vierzon : des fouilles pour saper la résistance Communiqué du 7 octobre 1999 / A 85 Tours-Vierzon : on se moque du monde
Communiqué du
19 août 1999 / Autoroutes : Monsieur Gayssot, il est encore temps d'arrêter
Communiqué du
23 juillet 1999 / A 85 Tours-Vierzon : l'Aveu
Communiqué du
14 juillet 1999 Une enquête que l'on souhaiterait voir aboutir.
Communiqué du
29 juin 1999 / La gauche plurielle empêtrée dans le double langage
Communiqué du
28 juin 1999 / Un projet autoroutier bien malade
Communiqué du 4 juin 1999 / La désinformation pour imposer l'autoroute
Communiqué du
1er juin 1999 /
La manipulation des esprits
Communiqué du
21 avril 1999 /
Le créateur après les créatures
Communiqué du 6 février 1999 / Cessez de nous manipuler


Communiqué du 11 janvier 2000  Référence 69/2000

AUTOROUTES :

 Petit Éclair de etit Éclair de Lucidité

 Dans son édition d’Indre-et-Loire du 4 janvier 2000 page 2, La Nouvelle République livrait les états d’âme des maires de Monnaie, Chanceaux-sur-Choisille, Rouziers et St Antoine-du-Rocher, dont les communes sont situées sur le tracé de l’A 28 Le Mans-Tours. Sous un titre anodin se cachait un aveu de taille : cet autoroute, les maires aimeraient bien ne jamais le voir ; il a fallu qu’ils en arrivent à craindre qu’il n’y ait plus de continuité autoroutière entre Le Mans et Tours (du fait de l’éventuelle protection de la forêt de Bercé et de ses drôles de hannetons) pour qu’ils se demandent s’ils en avaient encore envie.

 A ces maires frappés soudain d’un éclair de lucidité, on a envie de dire : allons, encore un effort ! Parlez plus clair ! Pensez plus juste ! Osez le dire franchement : on ne résout pas les problèmes de circulation en créant des autoroutes. Au contraire, toute nouvelle infrastructure est un encouragement au déferlement des transports routiers et à la saturation des réseaux existants. Pour reprendre ici les expressions de l’article indiqué, on ne règle pas les « points noirs » des routes nationales en construisant l’autoroute et les « nuisances très importantes qu’il imposera aux habitants de nos communes . »

 Certes, depuis quelques années, les autorités gouvernementales reconnaissent que le développement de la circulation routière nous entraîne dans une spirale délirante. On prétend se préoccuper, au gré de certains faits divers désastreux, de corriger la politique menée jusqu'à présent. On nous annonce un effort pour revitaliser les autres moyens de transports terrestres, et au premier chef le transport ferroviaire. Les naïfs pourraient croire qu’il s’agit de faire diminuer le transport routier au profit au rail. En fait, il n’en est rien. On nous dit que, puisque les transports routiers continueront à se développer indéfiniment, le chemin de fer doit prendre sa part de cette croissance, dans un rôle adjuvant et auxiliaire. Mais on se refuse à trancher dans le vif. On va continuer à nous faire des autoroutes, et, soyons contents, on a remis en marche un peu plus de trains, - sans qu’il soit question de diminuer le nombre des camions pour autant. 

 De surcroît, le délire routier est tel que l’on persiste même à faire des autoroutes qui n’auront à drainer que des flux dérisoires, 2000, 3000, voire 5000 véhicules par jour, de trois à quatre fois inférieurs à ce qu’exige un autoroute digne de ce nom. C’est le cas de Tours-Vierzon, Tours-Angers et Tours-Le Mans, dont on a promis la réalisation aux politiciens locaux. C’est en cela que la lettre des maires de Chanceaux, Rouziers, St Antoine-du-Rocher et Monnaie est intéressante. Pour ces « autoroutes cantonaux », la solution devrait s’imposer d’elle-même : arrêt immédiat des chantiers.

 Les infrastructures routières dévastatrices que l’on veut nous imposer participent de ce délire du toujours plus qui tient lieu de pensée à notre monde et à ceux qui sont censés le gouverner. Massacrer les paysages et détruire le cadre de vie pour le seul profit de politiciens mégalomanes, et des groupes de pression de la route, ça suffit ! La seule politique des transports digne de ce nom, c’est celle qui déciderait de briser dans un premier temps ce développement insensé des flux routiers, en faisant du rail le pivot des transports longue distance, tant en ce qui concerne les marchandises que les voyageurs. Ce qui impliquerait bien évidemment de mettre en œuvre une politique d’aménagement du territoire qui ne serait plus soumise, comme c’est le cas actuellement, au libéralisme le plus échevelé, mais bien au contraire au seul intérêt public. Dans un deuxième temps, il s’agirait de faire régresser le plus rapidement possible, relativement et dans l’absolu, le flot des véhicules.

Encore faudrait-il exiger des pouvoirs publics que les moyens de transport ne doivent pas être une fin en soi, mais un « moyen » au service des intérêts collectifs de tous les citoyens.

Comité contre la frénésie autoroutière

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Communiqué du 23 décembre 1999 Référence 68/1999  

BIEN BETONNER L’ESPACE,

 C’EST D’ABORD DETRUIRE TOUT SENS CRITIQUE

        On ne le redira jamais assez : les projets autoroutiers Tours-Angers, Tours-Le Mans, Tours-Vierzon sont des aberrations. Quand Cofiroute  annonce dans des réunions publiques 5000, puis 3000, puis 2000 véhicules par jour, le message devrait être clair pour tout le monde : arrêtez le désastre ! La gestion de projets aussi injustifiables implique le recours aux plus grossiers procédés de propagande, s’appuyant sur l’exploitation de l’état d’extrême aliénation des populations que tous les pouvoirs  modernes cultivent sciemment, condition essentielle pour imposer aux peuples leurs politiques les plus  contraires au bien public. L’aliénation suppose privation d’informations objectives, conditionnement des esprits qui met les individus dans l’incapacité d’exercer leur sens critique, imprégnation d’antiennes idéologiques posées comme indépassables, confusion totale des valeurs morales et esthétiques. Pour parler trivialement, il s’agit d’en faire des gens parfaitement incapables de comprendre ce qu’on leur impose, ce qui leur arrive, et bien entendu, de leur ôter toute capacité à réagir rationnellement.

     Voici par exemple l’association dite de défense qui ne veut surtout pas apparaître comme  adversaire du « progrès » autoroutier, trop soucieuse de ne pas compromettre ses bonnes relations avec les autorités. Ah ! Se faire passer la main dans les cheveux par le Préfet, ou par le petit notable local,  quel bonheur insigne pour un Président d’association ! Ces groupes ne font rien d’autre que d’accompagner les victimes sur le chemin du renoncement, en les occupant avec des actions en justice qui, en dernier recours, n’arrêtent jamais la volonté politique en la matière.

    La plupart des victimes, il faut bien le constater, ne voient pas plus loin que les toits de leur hameau, incapables d’imaginer l’autoroute dépassant les limites de leur commune. Tous se précipitent avidement aux réunions organisées par leurs maires, où l’on traîne bon gré mal gré les agents de Cofiroute, et où naturellement on ne traite jamais du vrai problème, l’illégitimité de ces infrastructures. Au contraire on amuse la galerie avec la hauteur d’un remblai, le sens de l’écoulement des eaux, le nombre de décibels. Même  ceux qui se disent les plus opposés à l’autoroute se laissent engluer dans ces discussions lilliputiennes. Quoique maintes fois mis en garde contre les manoeuvres des bétonneurs pour arriver à ces accords « amiables » qui ne peuvent que les gruger, combien de soi-disant opposants, harcelés par  ces « propositions », ont néanmoins fini par céder, alors qu’il était si simple de résister.  

Céder sur l’essentiel, c’était bien aussi, sur le tracé de la Tours-Angers, l’objectif des défenseurs du patrimoine qui ne voyaient que par le château de Langeais. Le battage médiatique fut intense et efficace : pour la presse, rien d’autre n’existe que le château, le long de cette autoroute. Aujourd’hui, c’est le scarabée pique-prune qui émeut les journalistes et les défenseurs sélectifs de la nature. Quand le bruit fait autour du scarabée s’éteindra, on aura oublié que c’est la marche de l’A 28 qu’il fallait arrêter.

 

Les politiciens locaux l’ont mieux compris que les opposants : les autoroutes, ça se gère dans les esprits. Farouchement attachés à « leur » autoroute, c’est à coup de déclarations qu’ils pensent influencer le ministre, démoraliser la population, et se persuader eux-mêmes que tout va bien, surtout quand les difficultés s’accumulent. Dans La Nouvelle République du Centre-Ouest du 18 octobre 1999 (édition de Loir-et-Cher p. 8), le député Martin-Lalande, fanatique partisan de la Tours-Vierzon, osait bluffer grossièrement sur le « bon avancement du côté tourangeau permettant une progression rapide de l’A 85 en Indre-et-Loire. » Le même, deux mois plus tard : « nous n’avons pas le sentiment d’une véritable volonté de faire avancer ce projet dans sa partie comprise en Indre-et-Loire » (N.R. du 17 décembre 1999, édition de Loir-et-Cher p. 4). Savamment obscures, grossièrement fausses ou partiellement vraies, ces contradictions dans les discours témoignent de l’illégitimité de ces projets autoroutiers, et de l’incohérence qu’il y a à les poursuivre. Telles quelles cependant, elles sont un mode de gestion de « l’information » du public, peu enclin à analyser finement les subtilités des discours qui pourraient l’éclairer. Et pourtant, il serait temps que les opposants prennent conscience que, dans la conjoncture actuelle, les difficultés financières et autres des bétonneurs sont une chance pour réclamer l’arrêt des travaux commencés, et la révision totale des choix autoroutiers tant pour l’A 85 que pour l’A 28.

 

Mais plus les manipulations sont grossières, plus les victimes s’y soumettent, toujours prêtes à croire tous les effets d’annonce, et trop enclines à chercher chez l’adversaire les plus mauvaises raisons pour renoncer au combat. Ces manipulations sont le témoin actif de la décrépitude où sont tombés le débat public et les relations entre citoyens et politiciens. On doit le constater : il y a convergence entre l’émergence publique de l’illégitimité de la classe politique et le bond en avant dans la soumission accompli par des citoyens qui naguère encore se seraient révoltés. Voyez ce qui se passe en cas de licenciement collectif : hier on aurait eu la colère des salariés, et un mouvement social énergique. Aujourd’hui, on va se vautrer auprès des représentants de la classe politique, et l’on demande l’arbitrage de la justice. C’est tout le sens de ce que l’on appelle légitime révolte qui est aujourd’hui dévoyé, dans la lutte contre les autoroutes comme dans les autres combats.

 

Ce climat affligeant et calamiteux ne doit pas faire sombrer dans l’abattement et la résignation les opposants déterminés et en possession d’un minimum de sens critique. C’est pourquoi nous appelons les citoyens qui n’ont pas basculé dans l’état de zombification du plus grand nombre  à continuer à résister individuellement et collectivement. Le Comité Contre la Frénésie Autoroutière sera à leurs côtés. Chaque kilomètre de projet autoroutier doit être combattu pied à pied.

 

Les bétonneurs savent et reconnaissent que mener à bien ces différents projets sera long, laborieux, et sans aucune légitimité. A nous de continuer le bras de fer tant qu’un kilomètre de projet autoroutier restera à construire, pour le combattre .

 

Pour le Comité contre la Frénésie Autoroutière

 

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Communiqué de presse 12 novembre 1999 Référence 67/99

A 85 TOURS-VIERZON : DES FOUILLES POUR SAPER LA RESISTANCE

Comme il l'avait déjà fait pour le tronçon autoroutier Theillay-Villefranche, le Préfet de Loir-et-Cher vient de prendre, en date du 5 octobre 1999, un arrêté consistant, avant même que les expropriations soient engagées sur le tronçon Pruniers-Chemery, à obliger les propriétaires menacés par le projet autoroutier à accepter l'occupation de leurs terres par la société Cofiroute, ainsi que par les archéologues qui précèdent habituellement l'ouverture des chantiers. C'est, sous couvert de fouilles, une manière de rendre le projet inéluctable.

Ainsi, sur des terrains dont, nous le répétons, les propriétaires sont encore en principe les maîtres, on fera procéder contre leur gré à des sondages à la pelle mécanique sous forme de tranchées de 20 mètres, avec tous les élargissements possibles. Naturellement, récoltes, vergers, bois, prairies, tout sera détruit par ces "évaluations archéologiques préalables", précédant les fouilles proprement dites. La promesse d'indemnisation des dégâts est dérisoire par rapport au but et à la grossièreté de la manoeuvre.

Il faut savoir en effet qu'à l'Ouest de Villefranche, nombreux sont les propriétaires qui ont décidé d'utiliser tous les moyens légaux pour résister à la menace autoroutière, notamment à la dépréciation que représenterait ce ruban de béton pour l'ensemble de leurs biens fonciers, de leurs habitations et de leur cadre de vie. Ils sont nombreux à refuser les accords dits "amiables" que leur proposent les agents de Cofiroute. Ils savent aussi, car des responsables de Cofiroute, notamment Monsieur Jouveaux, le disent en privé et en public, que la Tours-Vierzon est une autoroute indéfendable (tant au plan du trafic que de la rentabilité). Ce sont surtout les élus locaux, tels P. Martin-Lalande, J. Lorgeoux,... qui poussent à la poursuite de travaux au-delà de Villefranche, contre toute raison. Craignant qu'à tout moment le projet Tours-Vierzon ne soit remis en cause, ils visent à ce que les dégâts créés par les chantiers archéologiques servent de fait accompli pour la poursuite des travaux eux-mêmes, et brisent psychologiquement la résistance des propriétaires les plus rétifs.

C'est dans ce contexte qu'ont été ordonnées, au mépris des droits de la propriété privée, ces fouilles archéologiques anticipées, pour saper le moral des opposants, pour leur faire entrer symboliquement dans la tête que, n'étant plus maîtres chez eux, ils n'ont plus rien à défendre. Les dégâts provoqués par ces fouilles ne diffèrent guère du saccage provoqué par les travaux de construction eux-mêmes. Ainsi espère-t-on, avec la complicité active des archéologues, tuer l'esprit de résistance, pour amener les propriétaires dont les terrains auront été laminés et détruits à plus de docilité.

Il ne faut pas croire que l'empressement à faire détruire les bois et les champs, à saccager les paysages en anticipant sur les expropriations, soit le fait d'un amour immodéré pour les découvertes archéologiques. Ces basses manoeuvres d'intimidation et de vandalisme prennent prétexte des fouilles de sauvetage pour saper définitivement le moral des gens. Les archéologues n'ont rien à gagner, mais tout à perdre à jouer les supplétifs de l'intimidation officielle et scélérate à l'égard des propriétaires qui veulent défendre leurs droits légaux jusqu'au bout.

Le Comité Contre la Frénésie Autoroutière engage tous les propriétaires à défendre l'intégrité de leur propriété contre toute intrusion et saccage, à ne signer aucun accord amiable avec Cofiroute, et à avoir recours aux juridictions compétentes qui seules peuvent évaluer équitablement les préjudices subis du fait de cette autoroute.

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

P.S. Contrairement à une propagande mensongère diffusée dans le Loir-et-Cher, les travaux de l'A 85 Tours-Vierzon ne sont nullement commencés en Indre-et-Loire. Quant à l'A 85 Angers-Tours, il est toujours bloqué à Ingrandes, le tronçon Ingrandes-Langeais n'est toujours pas commencé. Sur le tronçon non concédé réalisé par l'Etat entre Langeais et Tours, et qui devrait être ouvert depuis deux ans environ, les travaux traînent indéfiniment.

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Communiqué de presse 7 octobre 1999 Référence 66/99

A 85 TOURS-VIERZON : ON SE MOQUE DU MONDE !

Dans son édition d'Indre-et-Loire du 7 octobre, page 11, La Nouvelle République consacre un article à l'A 85.Parler, en octobre 1999, de première version de l'A 85 pour le Sud de l'agglomération de Tours est pour le moins surréaliste. Dire également que la bande des 300 mètres dans laquelle devrait s'insérer l'autoroute date de mars 1999 est également une contrevérité incontestable. Evoquer un passage souterrain de 5 000 mètres, c'est là, littéralement "fabuleux". Le tracé décrit est tout simplement celui défini par le décret dit "d'utilité publique" du 12 juillet 1995.

En fait, ceux qui ont en charge de poursuivre envers et contre tout le conditionnement de l'espace et des populations menacés par ce projet - si aucune décision politique ne décide enfin de remettre totalement à plat ce projet indéfendable - visent, selon les techniques grossières et éprouvées en la matière, à faire croire aux futures victimes que :

1/ l'autoroute est un fait inconcournable sur le fond

2/ le tracé est négociable, ce qui est totalement faux. A ce stade, si les tenants du bétonnage arrivent à leurs fins, les modalités de détail sont du ressort des techniciens. Ce ne sont pas quelques ajustements de quelques dizaines de mètres qui changent quoi que ce soit à la question.

3/ 5 000 mètres seraient en passage souterrain. Une telle impropriété de langage est totalement frauduleuse, mais également habituelle, alors qu'il s'agit en fait d'un secteur qui serait construit en tranchée. Oui, la croûte terrestre sur laquelle nous habitons n'est pas parfaitement plane, et quand on construit une autoroute, les normes en la matière obligent à limiter au maximum les dénivellations de la chaussée. Par conséquent ladite chaussée est le plus souvent, et à des degrés divers, soit en surplomb du sol naturel (en remblai) soit en creux (tranchée).

L'article de la Nouvelle République résume parfaitement les procédés scandaleusement manipulateurs dont usent les représentants des aménageurs pour pacifier les mécontentements, alors qu'eux-mêmes sont bien conscients, tant du caractère indéfendable de leur travail sur les populations, que de l'illégitimité de cette infrastructure. Il leur arrive curieusement ces derniers temps de le reconnaître en privé. Nous avons même vu le collègue de M. Volkaert opérant dans le Loir-et-Cher, M. Jouveaux, déclarer sur les ondes de FR3 Centre le 22 juillet 1999 que, vue la fréquentation estimée très faible, la légitimité de ce projet pouvait être contestée, et que Cofiroute n'étant qu'exécutant des volontés politiques, l'Etat était maître en dernier ressort de ses décisions. Le renoncement de l'Etat à poursuivre la réalisation de projets du type Tours-Vierzon, Tours-Le Mans..., c'est un secret de pollichinel, ne pourrait que provoquer un soupir de soulagement de la part des dirigeants de cette société concessionnaire.

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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Communiqué de presse 19 août 1999 Référence 65/99

MONSIEUR GAYSSOT, IL EST ENCORE TEMPS D'ARRETER

IL N'EST PAS FORCEMENT NECESSAIRE DE PERSEVERER DANS LE NON-SENS

Notre région est directement concernée par trois projets autoroutiers. L'un n'en finit pas de se terminer, il s'agit de l'A 85 Angers-Tours. Les deux autres, A 28 Le Mans-Tours, et A 85 Tours-Vierzon, à peine commencés, s'essoufflent déjà.

Les opposants à l'A 85 Angers-Tours continuent d'offrir le spectacle affligeant et égoïste d'associations s'entre-déchirant, qui pour le passage au Nord de Langeais, qui pour le passage au Sud, mais il n'a jamais effleuré leur esprit que l'adversaire à combattre était l'autoroute elle-même, dans son principe, surtout quand les travaux n'étaient pas même ébauchés. Leur seul souci est bien d'envoyer l'autoroute chez le voisin, malgré quelques faibles dénégations. Pour un exploit aussi incivique, M. Bardou a même reçu la légion d'honneur ! Quant à Andrée Colson, de l'association rivale, qui ne désespère pas de renvoyer l'autoroute (rebaptisée voie express) au Sud, elle ne proteste nullement contre le principe de l'autoroute. Ce combat n'est pas le sien, pour reprendre une de ses expressions, quoiqu'elle ait aussi affirmé l'inverse il y a quelques mois encore, à l'époque où elle tentait d'utiliser le Comité Contre la Frénésie Autoroutière dans son combat. Sur le trajet de l'Angers-Tours, si les différentes associations locales n'avaient pas eu à coeur de ne s'intéresser qu'à leur chapelle, et de considérer toutes les autres comme des ennemies, mais au contraire de collaborer dans un refus total de la solution autoroutière, on n'en serait certainement pas là. Elles portent une lourde responsabilité.

Sur les projets A 28 Le Mans-Tours et A 85 Tours-Vierzon, les travaux sont à peine ébauchés mais les difficultés continuent à s'accroître - sans parler du démentiel dispositif du périphérique de Tours censé raccorder les trois autoroutes, qui s'embourbe chaque année un peu plus dans les difficultés financières, techniques et environnementales. Les retards constatés dans la réalisation de ces autoroutes ne sont pas uniquement des empêchements ponctuels, comme la protection d'une espèce de scarabée, aussi respectable soit-elle. Dans d'autres circonstances, on n'hésite pas à écrabouiller tout ce qui ce est sur le tracé, y compris des hameaux entiers. Ces difficultés de réalisation sont les signes évidents de l'illégitimité de fond de ces infrastructures, comme le montrent surabondamment quantités d'articles de la presse nationale.

On sait très bien que ces autoroutes sont déraisonnables à tous points de vue : trafic prévu largement en-deça du seuil de rentabilité, endettement phénoménal des sociétés d'autoroutes, effets déstructurants sur le territoire, atteintes à l'environnement et au cadre de vie. Il faut sortir de cette logique du tout routier ; le ministre des transports le déclare périodiquement, mais en a-t-il la réelle volonté ? Voici quelques mois, ne disait-il pas à une délégation des Verts que si les opposants voulaient être entendus, ils n'avaient qu'à crier plus fort ? Au fond, il sait très bien que ces autoroutes ne sont pas défendables, mais il y a les élus locaux et leur mégalomanie, mais il y a les "acteurs économiques" face auxquels les citoyens ordinaires n'ont rien à dire, mais il y a les projets déjà commencés. Quand ils seront terminés, il sera beau temps de crier à l'erreur.

On trouve toutes ces ambiguïtés et ces lâchetés dans la déclaration de J.C. Gayssot, ministre des transports, qui estime "indispensable la portion d'autoroute au Sud du Mans" (La Nouvelle République 16 août 1999 p. 5), mais qui se dit favorable à un changement de tracé. Le ministre voudrait-il amorcer en douceur une remise en cause de la suite des travaux sur Le Mans-Tours ? Voudrait-il faire comprendre que ça ne serait pas forcément un drame national si la suite du projet capotait ? Il suffit d'une décision politique pour choisir des solutions non autoroutières, le rééquilibrage des moyens de transports, l'arrêt du tout routier. Comme le disent les représentants de Cofiroute, c'est l'Etat qui décide, dans un sens comme dans l'autre.

Les ambiguïtés voulues des déclarations de J.C. Gayssot rappellent les étranges paroles publiques de Didier Jouveaux, Chefde travaux chez Cofiroute, reconnaissant que la légitimité de la Tours-Vierzon pouvait être contestée. Il est temps que les pouvoirs publics osent affronter les pouvoirs locaux et les groupes de pression et se décident à mettre leurs actes en accord avec leurs paroles, en renonçant de mener à terme les projets autoroutiers de notre région, et en engageant d'autres solutions non mutilantes pour les paysages, la faune, le cadre de vie des habitants. Il est toujours possible d'arrêter un chantier d'autoroute dans la mesure où les concepteurs prévoient un système de réalisation par tronçons qui intègre des solutions de raccordement au réseau routier, à chaque étape, pour le cas où...

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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Communiqué de presse 23 juillet 1999 Référence 63/99

A 85 TOURS-VIERZON : L'AVEU

Le 22 juillet 1999, au journal télévisé régional de 19 h 07 de FR3 Centre, un reportage rend compte du début des travaux sur le chantier de l'A 85 Tours-Vierzon, en l'occurence sur le moignon de 22 km entre Theillay et Villefranche. A l'opposé du ton triomphaliste dont on use dans ces circonstances, Didier Jouveaux, chef de projet, insiste sur les très faibles prévisions de trafic (3500 véhicules par jour dit-on par ailleurs au public, alors que le seuil de rentabilité est de 15000 !). C'est un secret de polichinelle : dès l'origine, Cofiroute n'est pas du tout enthousiaste pour réaliser cette autoroute. Depuis des années déjà les responsables chargés de ce projet distillaient des propos qui étaient comme des signaux pour faire comprendre à ceux qui en sont capables que la société concessionnaire était loin de trouver ce projet réjouissant : mauvaise rentabilité ; mise en garde contre le mythe de la vertu de l'autoroute à régénérer les territoires traversés ; extrême prudence à passer à l'acte en ce qui concerne les travaux ; tronçonnage des sections, laissant ouvertes les possibilités de reconnecter prématurément les tronçons réalisés au réseau routier existant. Didier Jouveaux franchit un pas de plus quand il reconnaît que la légitimité de cette infrastructure pose problème, et quand il insiste sur le fait qu'il n'y a aucune autre raison à poursuivre les travaux que la volonté de l'Etat. Dans le cadre de ses fonctions, et dans ces circonstances il ne pouvait pas être plus explicite. Aveux révélateurs, alors que se multiplient les articles de presse alarmants sur le désastre financier que représente le programme autoroutier actuel, qui laisserait une ardoise sept fois supérieure à celle du Crédit Lyonnais. Depuis deux ans, les milieux informés se demandent, comme l'hebdomadaire Marianne (n° du 5 au 11 juillet 99) quand le pouvoir se décidera à appliquer sa volonté de mettre un terme aux dérives autoroutières et routières actuelles.

C'est ce qui inquiète les élus locaux, les seuls à pousser vraiment, au plan politique, à la réalisation de ces infrastructures indéfendables, et qui s'attellent à ce que le public soit maintenu dans l'ignorance des critiques qui enflent depuis plus de deux ans dans la presse nationale, ces élus mandataires des groupes de pression proautoroutiers qui agissent au nom d'intérêts purement mercantiles.

De cette autoroute Tours-Vierzon, de moins en moins légitime aux yeux mêmes de ses autres promoteurs, nul ne peut préciser un calendrier de travaux ni les délais nécessaires pour réaliser les 9/10èmes restants du tracé ; il se dit que le tronçon final Esvres-Ballan pourrait se faire dans 10 ou 20 ans... mais il faudrait tout de même poursuivre à ce rythme d'escargot, sous prétexte que l'on vient d'en entreprendre un moignon de 22 km ! Depuis quand les erreurs, notamment des erreurs aussi irréparables qu'une autoroute (ce n'est pas une simple décharge sauvage !) doivent-elles être poursuivies, au motif qu'on a commencé à les commettre ? Comment peut-on tenir des propos et engager des actions aussi irresponsables quand on a la prétention de gérer la chose publique ? Bientôt on ne trouvera plus personne pour défendre la légitimité du projet Tours-Vierzon, mais il faudrait continuer quand même ? Evidemment non. Tout plaide pour arrêter le désastre le plus tôt possible, avant qu'il ne cause d'autres dégâts.

Le tronçon Theillay-Villefranche sera malheureusement réalisé, les travaux sont en cours. Il faut tenter de faire obstacle au deuxième tronçon, Villefranche-Chemery. Les choses ne sont pas irrémédiables, mais le péril est certain. Au-delà, de l'aveu même de leurs concepteurs et de leurs promoteurs, rien n'est programmable à échéance visible.

Il est grand temps pour les futures victimes de se réveiller, de refuser les raisonnements absurdes, d'être moins bon public face aux manipulateurs qui veulent leur soutirer des engagements au profit des bétonneurs. Face à ce projet décidément bien malade et injustifiable, la passivité de trop de victimes potentielles est impardonnable. Si le projet Tours-Vierzon se réalisait, malgré tous les obstacles qui s'accumulent, ce serait moins par l'acharnement de ses promoteurs, que par le renoncement des victimes. Quand bien même des terrains seraient achetés, des remembrements et des aménagements fonciers seraient effectués, cela ne peut constituer une raison suffisante à accepter le saccage de vastes zones de notre territoire régional. N'a-t-on pas acheté des terrains pour l'aménagement de la RN 76, actuellement abandonné ?

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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Communiqué de presse 14 juillet 1999 Référence 62/99

TROIS ANS DEJA... UNE ENQUETE QUE L'ON SOUHAITERAIT VOiR ABOUTIR

Voici trois ans, dans la nuit du 16 au 17 juillet 1996, 9 engins de travaux publics, à l'oeuvre sur le chantier de l'A85 Angers-Tours entre Druye et Vallères, étaient entièrement détruits par le feu.

Une revendication de l'attentat avait été postée dès le 16 dans la soirée, de Paris, à La Nouvelle République. Le ton, le vocabulaire, les arguments employés pouvaient laisser penser à un groupe radical d'opposition à l'autoroute. Le Comité Contre la Frénésie Autoroutière y retrouvait entre autres comme l'écho de sa critique des actions en justice, et du caractère dévastateur de cette réalisation. Seul parmi les divers groupes d'opposants régionaux, le Comité se refusa à condamner cette action, nullement attristé par les malheurs de ses ennemis les bétonneurs. Mais il aurait été ridicule d'imaginer que nous aurions pu avoir les compétences et les moyens d'une telle opération. Nous excluions de la même manière que le coup fut l'oeuvre d'associations de défense locales, compte tenu de leur pusillanimité, de leur soumission habituelle aux pouvoirs institués, et, elles aussi, de leur incapacité technique à perpétuer de tels actes.

Il était néanmoins naturel et légitime que les enquêteurs dirigent leurs investigations du côté des opposants, étant donné la nature du communiqué qui revendiquait l'attentat et l'habileté de sa rédaction. Mais force est de constater que c'était une fausse voie. La clé du mystère réside ailleurs.

En effet, il faut souligner le fait que les incendiaires ont agi en véritables professionnels du sabotage, comme s'ils étaient en service commandé. L'hypothèse d'un règlement de compte au sein du milieu en partie mafieux des entreprises de travaux publics, maquillé en revendication émanant de "défenseurs du patrimoine écologique de Touraine" semble plus que probable. Tentative de racket, intimidation musclée, élimination d'un concurrent, conflit interne à l'entreprise, escroquerie à l'assurance etc... le caractère glauque des différentes filières qui concourent à l'élaboration et à la réalisation de ce genre de projet est par nature propice à de tels procédés.

Nous savons que les enquêteurs sont également convaincus que ce sabotage n'est pas l'oeuvre d'un groupe d'opposants, et même qu'ils ont une idée assez précise, sinon des identités, du moins des milieux d'où le coup est parti. De telles réalisations, aux enjeux financiers aussi importants, et juteux pour certains, s'effectuent en effet dans une atmosphère notoirement opaque.

Pour toutes ces raisons il est particulièrement déplaisant qu'au bout de trois ans, l'affaire ne soit toujours pas éclaircie. La thèse des opposants étant à écarter, la solution se trouve du côté opposé. La vérité doit être connue, d'autant que nous, opposants, sommes persuadés que cette vérité serait particulièrement édifiante pour la compréhension des mécanismes institutionnels et mercantiles qui concourent à ce que d'aucuns persistent à qualifier de "projet d'intérêt public".

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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Communiqué de presse 29 juin 1999 Référence 61/99

A 85 TOURS-VIERZON : LA GAUCHE PLURIELLE EMPETREE DANS LE DOUBLE LANGAGE

Grâce à la déclaration des élus socialistes de Ballan (La Nouvelle République du 28-06-99, Indre-et-Loire p.9), les masques tombent. Voilà le député socialiste Marisol Touraine et le conseiller municipal Vert de Veigné Joël Thalineau pris au piège de leur double langage.

En février dernier, Joël Thalineau, de l'Association Veigné Environnement, sollicitait le député Marisol Touraine pour un "reexamen" du dossier de l'A 85 Tours-Vierzon, susceptible d'apaiser les inquiétudes des habitants de Veigné menacés par l'autoroute. En mai, Marisol Touraine rassure alors l'association par l'annonce que le périphérique Sud de Tours se substituerait à l'autoroute sur le tronçon Esvres-Ballan pendant 10 ou 20 ans (Nouvelle République, Indre-et-Loire 17-05-99 p. 10). Le 29 mai Joël Thalineau surenchérit en laissant entendre que les retards dans la réalisation de l'autoroute pourraient entraîner une nouvelle enquête d'utilité publique, ce qui est loin d'être évident (N.R. Indre-et-Loire 1-06-99 p. 4). Le but de ces déclarations était de faire croire aux opposants que l'on s'occupait d'eux, qu'ils n'avaient pas à s'en faire, et qu'ils n'avaient pas lieu de manifester leur opposition. Les anesthésier. Les pacifier.

Or voici que, interrogée par les élus socialistes de Ballan, partisans déclarés de l'autoroute, Marisol Touraine affirme que le tracé initialement prévu ne sera pas remis en cause, disant ainsi à Pierre le contraire de ce qu'elle avait voulu laisser entendre à Paul, en espérant que chacun ne compredra que ce qu'il voudra comprendre.

Malgré la pitoyable manoeuvre Thalineau-Touraine dont le Comité contre la Frénésie Autoroutière avait souligné le caractère grossier (N.R.Indre-et-Loire 12-13 juin 99 p. 3), les élus socialistes de Ballan, à qui on accordera qu'ils ont le courage de brandir bien haut l'étendard du camp des bétonneurs, n'ont pas compris que, de leur point de vue, il n'était peut-être pas nécessaire d'insister. Misérable initiative, cafouillage, n'allons pas chercher bien loin la cause de ces dérapages. C'est la situation objective du projet autoroutier Tours-Vierzon qui les inquiète, car il est de plus en plus difficile à ses promoteurs de cacher leurs difficultés à le réaliser, et d'en défendre rationnellement le principe. Les élus de Ballan sont bien placés pour savoir que les travaux de l'autoroute Tours-Angers n'en finissent pas de se terminer !

Mais pour ce qui est de Marisol Touraine et Joël Thalineau, les élus de Ballan ont tort de s'inquiéter et d'être allés se plaindre à Yves Dauge. Marisol Touraine a toujours été pour l'autoroute, et Joël Thalineau a toujours été de ces partisans de l'autoroute qui veulent faire croire aux naïfs qu'ils sont contre. C'est ce que l'on appelle les opposants "constructifs", avides de concertation, et donc de renoncement. Un Vert, en somme.

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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Communiqué de presse 26 juin 1999 Référence 60/99

A 85 Tours-Vierzon : un projet autoroutier bien malade, une raison de plus pour tenter de le faire mourir

Engagé dans une course de lenteur qui inquiète fort ses partisans, le projet autoroutier A 85 Tours-Vierzon montre chaque jour à quel point il est déraisonnable de poursuivre dans sa voie. Cofiroute qui, l'année dernière encore, annonçait un trafic de 5000 véhicules par jour, déjà bien en-deça du seuil de rentabilité, a revu à la baisse ses prévisions, et donne maintenant dans les réunions publiques 3500 véhicules par jour, et refuse de se prononcer sur un calendrier des travaux même approximatif. Si l'on en croit une lettre du député Marisol Touraine à l'Association Veigné Environnement (La Nouvelle République, édition d'Indre-et-Loire du 17-05-99 p. 10), une fois arrivée à Esvres (nul ne peut dire quand) l'autoroute se confondrait pour 10 ou 20 ans avec le périphérique sud de Tours, avant de reprendre sa marche vers l'Ouest jusqu'à Druye, selon le tracé actuellement retenu. 30 ans et plus pour passer de l'inscription au programme autoroutier de 1989 à la réalisation définitive ! De tels délais défient la raison et plaident pour une remise en cause de la légitimité même du projet.

C'est pourquoi les aménageurs redoublent d'activité pour resserrer leur emprise sur les esprits, sur les biens et sur les terres. Réunions de pseudo-concertation, tentatives d'imposer aux agriculteurs des aménagements fonciers pour constituer des réserves de terres, rumeurs non vérifiées de promesses de vente et d'achats de maisons par Cofiroute..., ces bruits et cette agitation ont pour but de faire croire à l'imminence et à l'inéluctabilité des travaux. Ces tentatives d'acquisitions foncières anticipées participent également de la politique du fait accompli. Si d'aventure il venait à l'esprit des autorités politiques nationales de remettre en cause ce projet autoroutier si contestable, les bétonneurs pourraient se targuer d'avoir acheté les terres, soit directement, soit par exemple par l'intermédiaire de la SAFER, pour forcer la main à la poursuite des opérations. C'est pourquoi les futures victimes doivent s'opposer à ces tentatives de mainmise sur leurs biens pour ne pas donner de gages aux aménageurs, dans la perspective d'un avortement du projet d'autoroute. Retarder, oui, mais pour empêcher définitivement.

En revanche, c'est se moquer de tous ces gens menacés que de leur laisser croire que le danger s'éloigne au motif qu'il mettrait plus de temps que prévu à se réaliser. Ainsi procède à Veigné le Vert Joël Thalineau, qui fait miroiter l'idée fausse qu'il faudra à terme une nouvelle enquête d'utilité publique pour poursuivre les opérations prévues. Cofiroute et la D.D.E. sont formelles sur ce point : pour elles, il y a un projet de tracé déterminé, et c'est sur ce tracé qu'elles travaillent. Ceux qui entretiennent ainsi de faux espoirs pour la section Esvres-Ballan de l'A 85 se désolidarisent ouvertement des autres opposants situés plus à l'Est. En réalité, ils ne procèdent pas innocemment ; ils cherchent à anesthésier les gens en leur disant que tout cela ne se fera pas avant longtemps, que peut-être l'autoroute pourrait passer ailleurs. C'est de la manipulation pour dissuader la population de s'opposer radicalement à l'autoroute, et obtenir qu'elle s'y résigne, à l'usure. Ceux qui sont prêts à se satisfaire du moins, en dissuadant les autres de vouloir plus, sont du côté des bétonneurs.

En attendant, la situation des futurs riverains, ceux qui seraient situés à quelques centaines de mètres de l'autoroute, est inextricable. La valeur de leurs biens immobiliers peut chuter de 50 à 80%, sans aucun espoir d'indemnisation. Impossible de vendre, à moins de consentir à ces pertes de valeur énormes, comme à La Gautraie (commune de Joué), ou à la Tremblaye, à la Bodinière, aux Gués (commune de Veigné), aux Parcs de Montbazon (commune d'Esvres) etc... Toutes les transactions sont de fait entravées. Si l'on peut se réjouir des retards, ce n'est pas pour attendre passivement la catastrophe, mais pour utiliser ce temps supplémentaire à exiger des pouvoirs publics la mise à plat du projet.

Ceci n'a rien d'utopique. De nombreux experts critiquent depuis des années le recours au "tout autoroute" dans la politique des transports. Le Monde du 25 juin 1999 présente en page 14 une carte des autoroutes en France émanant du ministère des transports où l'A 85 est indiquée "en construction" dans sa partie Est (ce qui correspond au tronçon Theillay-Villefranche), mais apparaît comme "réalisation susceptible d'être remise en cause" sur le reste du tracé. Cela corrobore des déclarations plus anciennes de la porte-parole de J.C. Gayssot (La Nouvelle République, ed. de Loir-et-Cher 12-09-1997 p.4) qui n'excluait pas qu'au-delà de la portion Theillay-Villefranche, des solutions autres qu'autoroutières pouvaient être envisagées. Il faut garder à l'esprit que ce sont surtout les élus locaux, agissant au nom des groupes de pression de la route, BTP et transporteurs routiers, qui s'impatientent face aux retards accumulés. Ce ne sont évidemment pas eux qui vont nous éclairer sur le caractère indéfendable de cette autoroute, tant sur le plan de l'aménagement du territoire et de l'environnement, que sur sa non-rentabilité.

Les opposants doivent tirer profit des difficultés et des retards qui s'accumulent, non pour attendre passivement et ne rien faire, mais au contraire pour se mobiliser en vue d'obtenir la remise en question du projet A 85 Tours-Vierzon. Ceci vaut également pour le projet A 28 Tours-Le Mans qui connaît lui aussi des retards importants, pour les mêmes raisons de fond. Les choses paraissent compliquées parce que les cartes sont brouillées de manière intentionnelle. Opposants et futures victimes, vous n'avez aucune raison de baisser les bras, même et surtout si cela fait de la peine à nos responsables politiques locaux, qu'ils soient députés, conseillers généraux ou maires.

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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Communiqué de presse 4 juin 1999 Référence 59/99

LA DESINFORMATION POUR IMPOSER L'AUTOROUTE

Les propos que M. Thalineau a tenus en marge du rassemblement contre le projet autoroutier Tours-Vierzon tenu à Veigné le 19 mai (Nouvelle République du 1-06-99, édition d'Indre-et-Loire p. 4) laissent rêveur. En substance, il est venu annoncer à ceux qui voulaient bien l'entendre que le projet autoroutier dans sa section Esvres-Ballan serait remis en cause et remplacé par un raccordement au périphérique sud. Où ? Comment ? Ces déclarations péremptoires de M. Thalineau, même si elles s'appuient sur une déclaration écrite du député Marisol Touraine, sont extravagantes.

Aux mairies de Joué et de Ballan, contactées par le Comité Contre la Frénésie Autoroutière, on n'a pas entendu parler de cette modification du projet. Les informations données au public restent inchangées. Après vérification auprès de M. Hary, du service des infrastructures de Cofiroute à Sèvres, et habilité à répondre au public sur la situation actuelle. Il est clair que le tracé d'origine reste à l'ordre du jour. Les autres "informations" qui circuleraient ici ou là ne sont pas fiables.

A la D.D.E. Mme Bourgueil, responsable du dossier Tours-Vierzon, est formelle : le projet de tracé, notamment dans sa dernière section Esvres-Ballan, reste celui défini par la D.U.P.

Les affirmations de M. Thalineau se trouvent de plus en contradiction avec ce que disent les aménageurs lors des multiples réunions organisées d'Esvres à Ballan, ainsi que les différentes versions concernant le sort des Malpièces à Veigné.

Ce qui est sûr, c'est que les aménageurs savent que leur projet n'est pas défendable du point de vue des intérêts collectifs, qu'il n'est pas défendable du point de vue de l'aménagement du territoire, bien qu'il leur pose des problèmes financiers et environnementaux considérables. Les grossiers mensonges que s'ectivent à faire circuler M. Thalineau et Mme Touraine ne sont destinés qu'à rassurer fallacieusement ceux des opposants qu'ils voudraient à toute force voir passifs, tandis qu'on travaille dans le même temps à la résignation de tous les autres que l'on veut convaincre de l'inéluctabilité, voire de l'imminence des travaux. Tout cela a un nom, manipulation. Tout cela pour ne pas avoir à faire le seule chose qui devrait s'imposer : remettre tout le projet à plat.

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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Communiqué de presse 1er juin 1999 Référence 58/99

AVANT LA MUTILATION DU TERRITOIRE, LA MANIPULATION DES ESPRITS

Ce qui était au centre du message diffusé par le Comité Contre la Frénésie Autoroutière lors de son rassemblement du 29 mai à Veigné, est la multiplication "d'informations" et de rumeurs, où nous voyons la volonté unique de manipuler, pour faire se tenir tranquilles, ceux qui sont menacés par le projet autoroutier A 85 Tours-Vierzon,

  • soit en les rassurant, comme M. Thalineau, qui affirme que Cofiroute serait prêt à changer le tracé en raccordant le projet au périphérique - pour néanmoins confirmer que dans 15 ou 20 ans, le projet actuel serait tout de même réalisé.

  • soit en les harcelant, comme aux Malpièces, pour leur faire signer des accords pour vendre leurs biens.

  • soit en leur disant que les Malpièces pourraient être épargnées quand même.

  • le tout sur fond de réunions, de Ballan à Athée, organisées par les aménageurs qui veulent persuader les populations qu'aucune remise en cause totale ou partielle du projet n'est envisageable et qu'il ne s'agit que de discuter des ultimes détails avant le début des travaux.

On ne peut dire à la fois tout et son contraire. Tout cela n'a aucune cohérence, si ce n'est d'entretenir un bruitage confus pour rassurer ceux qui veulent être rassurés, et conforter la résignation de ceux qui veulent croire à l'inéluctabilité et à l'imminence des travaux. Cette autoroute en réalité ne va pas de soi, ni pour ceux qui la souhaitent, ni pour ceux qui en seraient victimes. Le plus grand danger pour les aménageurs serait que les victimes puissent mesurer l'ampleur des difficultés que rencontre ce projet, ce qui risquerait d'encourager les opposants à se remobiliser massivement pour l'avortement de l'A 85 Tours-Vierzon.

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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Communiqué de presse 21 avril 1999 Référence 57/99

LE CREATEUR APRES LES CREATURES

JEAN DELANEAU, PRESIDENT DU CONSEIL GENERAL D'INDRE-et-LOIRE MIS EN EXAMEN POUR "FAUX ET USAGE DE FAUX" ET "COMPLICITE DE DETOURNEMENT DE FONDS PUBLICS"

Après cinq hauts fonctionnaires territoriaux du département d'Indre-et-Loire, inculpés (oh ! pardon, mis en examen et présumés innocents !) pour détournements de fonds publics et prise illégale d'intérêt, la justice s'est enfin décidée à mettre également en examen Jean Delaneau, Président du Conseil Général d'Indre-et-Loire. La tentative politicienne et médiatique de nous faire croire à des actes isolés de quelques fonctionnaires indélicats n'aura pas fait long feu. Le mot "fonctionnaire" est trompeur en la matière, puisque les fonctionnaires territoriaux sont bien évidemment les créatures politiques des élus locaux (contrairement aux fonctionnaires d'Etat) Dans le cas précis, cest bien Jean Delaneau qui avait mis à la tête du Département ces "fonctionnaires" territoriaux qui étaient les exécutants directs de l'exécutif politique du Département.

La majorité du Conseil assure que cette mise en examen de son Président n'aura aucune conséquence négative sur les "grands projets" en cours ! Cynique manière d'avouer que le fonctionnement ordinaire de l'institution suppose corruption et malversations au plus haut niveau. A gauche non plus, pas question de réclamer la démission de Jean Delaneau. L'antienne de la "défense de la démocratie" implique la complicité active ou passive avec les voyous qui nous gouvernent. Il s'agit pour chacun de maintenir sa place au coeur du dispositif du pouvoir local et départemental, et de défendre un système mafieux où les marchés publics passés par les politiciens, surtout s'ils concernent des infrastructures d'urbanisme et de transport coûteuses et dévastatrices, sont l'occasion de corruptions multiples, et de trafic d'influence avec les groupes de pression des transporteurs routiers, avec les entreprises du bâtiment et des travaux publics, avec les cohortes de sous-traitants et les cabinets de géomètres, avec les innombrables bureaux d'études, qui servent de paravents au versement de juteuses commissions.

Le Comité Contre la Frénésie Autoroutière ne cesse de dénoncer les pressions des élus locaux dans les décisions concernant les projets autoroutiers Tours-Le Mans, Tours-Vierzon et Tours-Angers. Le "pont Voisin" est le symbole le plus parlant de cet acharnement du pouvoir départemental à saccager la région au profit des groupes de pression du transport routier et du B.T.P. Mais trop nombreux sont encore les citoyens qui, quoique prêts à condamner les choix politiques les plus dommageables, comme ces infrastructures autoroutières mutilantes, se refusent pourtant à voir la vérité en face : nos dirigeants ne sont plus ni respectables, ni dignes de confiance, ni légitimes. Ils n'ont plus le droit de se réclamer du bien public, tant il est clair qu'ils servent d'abord des groupes affairistes, en même temps que leur intérêt personnel.

Comité Contre la Frénésie Autoroutière.

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Communiqué de presse 6 février 1999 Référence 56/99

PROJETS AUTOROUTIERS

MESSIEURS LES AMENAGEURS, CESSEZ DE NOUS MANIPULER

A suivre les informations diffusées auprès du public sur l’A 85 Tours-Vierzon, la Tours- Angers et le projet Tours-Le Mans, on ne peut qu’être perplexe.

D’un côté, les partisans des autoroutes s’impatientent de voir le début des opérations retardé de saison en saison. C’est ce qui ressort d’un discret article de la Nouvelle République édition d’Indre-etLoire du 23 octobre 1998, qui relate en trois petites lignes la colère qui s’empara de J.L. Muratet, dirigeant de « Touraine Liaisons autoroutières » quand il s’entendit dire que Tours Vierzon ne serait réalisé qu’en 2005 sous réserve, et que Tours-Le Mans était encore plus hypothétique. Si l’on fait le compte de toutes les fausses annonces cela fait plus de 10 fois que le début des travaux de la Tours-Vierzon est annoncé ! Les informations les moins floues concernent un moignon de 22 km entre Theillay et Villefranche. Mais pas de calendrier programmé pour la suite, si suite il y a.

Et que dire de la dernière portion de la Tours-Angers : sur la partie non concédée Langeais- Tours, les travaux avancent à une allure de gastéropode. Sur la partie concédée, d’Ingrandes à Langeais, les surcoûts, le scandale, l’aberration de ce contournement nord éclatent maintenant au grand jour. Loin d’être assommés par la catastrophe les gens sont toujours combatifs. Nul ne peut ignorer qu’autoroute signifie saccage définitif des paysages et du cadre de vie, qu’une solution autoroutière est toujours le pire des choix.

Devant tant d’hésitations et d’incertitudes, que signifient alors cette multiplication de réunions municipales, ces pressions pour des aménagements fonciers qui n’ont aucun caractère urgent, comme tout récemment à Ballan et à Esvres ? En réalité ces réunions sont purement manipulatoires (les aménageurs savent bien qu’une autoroute se grave dans les esprits avant de s’incruster dans le territoire) et n’ont d’autre but que de maintenir la population dans l’ignorance du débat de fond qui se développe dans les milieux de pouvoirs, où les infrastructures autoroutières sont de plus en plus mises en cause, tant pour leur bilan financier incertain que pour leur coût environnemental et leurs conséquences économiques négatives pour les zones traversées. Les futures victimes n’ont droit qu’à des propos lénifiants et mensongers sur l’autoroute invisible et silencieuse, sur son aspect « paysager ». C’est ainsi qu’à St-Romain-sur-Cher le maire M. Trottignon, après avoir mollement prétendu vouloir envoyer l’autoroute chez les voisins, accepte, et même réclame aujourd’hui un échangeur qui massacrerait l’un des plus beaux paysages des coteaux du Cher. Il vante cette solution à la population qui serait enclavée dans les boucles de l’échangeur, au motif que cela rapportera de l’argent à la commune ! L’enfer est pavé de taxes professionnelles ! Et c’est la foire d’empoigne avec les maires des communes voisines, Thésée et St-Aignan, pour savoir quelle part de l’infâme gâteau reviendra à chacun.

Le 3 février, La Nouvelle République, édition d’Indre-et-Loire présentait les responsables de Veigné-Environnement tout sourires d’avoir obtenu l’appui du député Marisol Touraine, qui se propose de demander au ministre des transports son avis sur une modification du tracé autoroutier qui épargnerait Veigné (sans remettre en cause la catastrophe ailleurs !). Mais Jean-Claude Gayssot se conduit de façon parfaitement cynique. Pour lui, il y a un projet autoroutier soutenu par les élus, eux-mêmes à la botte des groupes de pression économiques, et même s’il n’exclut pas des remises en cause totale ou partielles, il ne s’y résignera que sous la pression d’une opposition unie, ferme et bruyante. En effet, il s’est engagé le 12 janvier 1998, devant une délégation des Verts, à ce que tout projet faisant l’objet d’une forte contestation soit soumis à débat public et que soient largement examinées les solutions alternatives, rail, route, eau, ajoutant oralement que si les opposants de l’A 85 voulaient un réexamen du dossier dans son ensemble, il fallait qu’ils crient plus fort. Pour lui, ce n’est pas le cas, car cela implique de protester de façon audible, conséquente et unitaire.

Réfléchissons : si Cofiroute et les pouvoirs publics sont prêts à étudier d’autres solutions à tel ou tel endroit, c’est que le projet n’est ni bouclé, ni sûr, et qu’il est soumis à de continuelles entraves, à des oppositions externes et des rivalités internes. Souvenons-nous de ce 16 juillet 1996, où des incendiaires probablement issus de milieux mafieux, mirent le feu à des véhicules de chantier de grande valeur, tout en utilisant le vocabulaire des opposants les plus déterminés pour revendiquer l’attentat.

Il est clair que les pouvoirs publics ont de plus en plus de mal à rendre leur politique du tout routier crédible et acceptable pour les habitants. Nous le savons, il y a des solutions non autoroutières aux projets que l’on veut imposer à la population sous couvert d’utilité publique, mais qui ne sont utiles qu’aux groupes de pression de la route et du B.T.P. Que les responsables de la politique des transports cessent de cacher au public les débats qui les agitent et leur incapacité de déplaire à ces groupes de pression, et veuillent bien considérer les français de base comme des citoyens adultes qui ont le droit de connaître les vrais tenants et aboutissants de la situation. A côté de ce cafouillage général que nous venons de décrire, et de ce « brouillard » savamment entretenu, les contre-propositions non autoroutières des opposants sont aujourd’hui plus sérieuses que jamais. Elles reposent sur une vue d’ensemble de la politique des transports, et impliquent de laisser tomber les querelles dérisoires d’aménagement de talus, d’échangeurs, de murs anti-bruit etc. Il faut voir un peu plus loin que le bonnet de son nain de jardin. Nous n’en serons que plus respectables et plus respectés.

Pour le Comité, Chantal Beauchamp

N.B. Rappelons pour mémoire que la pétition contre l’A 85 Tours-Vierzon a recueilli dans les communes du sud de l’agglomération tourangelle plus de 2000 signatures (sur un total de 5000 environ).

Comité Contre la Frénésie Autoroutière

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