Association « les amis de continuer la CGT »
Pour un syndicalisme de lutte de classe et de masse
Le 04 janvier 2006
COMBATTRE LA MISÈRE
Depuis le début de l’hiver, plusieurs personnes vivant dans la rue sont
mortes de froid.
Leur mort vient allonger la liste déjà longue des victimes
de la misère et des suicidés pour cause de chômage.
Comme chaque fois en pareille circonstance, des voix se sont
élevées pour regretter le phénomène grandissant de la pauvreté. Monsieur le
Premier Ministre, lui-même, a souhaité que les personnes sans domicile fixe
disposant d’un emploi puissent être accueillies au moins un mois dans des
centres d’hébergement d’urgence.
Les autres doivent, sans doute, rester à la porte.
Émanant des promoteurs d’une politique qui engendre de tels drames, l’émoi
est mensonger.
Aujourd’hui, en France, des millions d’existences s’écartent
des conditions de vie normale de la classe ouvrière pour tomber dans la nuit de
la misère. Elles tombent silencieusement comme un sédiment qui se dépose sur
le fond de la société ; éléments inutiles, usés, que le capital
éjecte du système.
Comme chaque année à pareille époque, nos médias font feu
de tous bois pour nous présenter en boucle l’activité inlassable des
associations humanitaires et caritatives qui se dépensent sans compter pour
apporter aide matérielle et soutien moral aux malheureux sans abri.
Il serait injuste de ne pas reconnaître le dévouement et le courage de tous
ces bénévoles qui tentent avec leurs faibles moyens de parer au plus pressé.
Il nous semble tout aussi nécessaire de porter un regard
lucide sur le rôle que nos exploiteurs et le gouvernement à leur botte ont
toujours voulu faire jouer au mouvement humanitaire : partage de la
misère et soumission au système en place.
« L’Armée du Salut » en est l’exemple le
plus éclatant. Fondée en 1878, en pleine révolution industrielle par le
pasteur W. Booth, cette association proclame :
que le progrès social et économique doit
découler d’une profonde transformation intérieure de l’homme, réconcilié
avec lui-même par la puissance de l’évangile…Le changement ne s’opère
pas au niveau des masses, mais en chaque individu.
C’est l’anti-thèse des idées développées par Karl
Marx, la négation de la nécessité de la lutte des classes pour accéder à sa
propre émancipation ainsi qu’à celle de l’ensemble des couches
laborieuses.
Il est impossible, aujourd’hui, de ne pas constater que les
associations caritatives et humanitaires prônent la
résignation et servent de soupape de sécurité au système. Mais il
est tout aussi impossible de ne pas reprocher aux organisations syndicales et
partis révolutionnaires leur retrait d’un domaine qui fut longtemps le leur.
En abandonnant les « soupes populaires » et l’activité
d’entraide sociale au sein des populations les plus défavorisées, nous avons
renoncé à la propagation de nos idées de lutte et de changement parmi ceux
qui sont le plus susceptible de s’en emparer.
Il n’est jamais trop tard. C’est en participant
activement au renouveau du syndicalisme de lutte de classe et de masse que nous
remettrons à l’ordre du jour du mouvement ouvrier l’appropriation par les
travailleurs des moyens de production et d’échange, la fin de l’exploitation
capitaliste et l’avènement d’une société socialiste.