Pêle-Mêle...

Vous trouverez dans cette rubrique photos et témoignages sur nos différents périples, impressions sur les différents festivals et troupes que nous avons croisés, bref le "pêle-mêle" de l'historique récent des activités des "Oranges Bleues".

N'oubliez pas de consulter également notre rubrique "nous avons vu", qui vous renseigne plus spécifiquement sur les spectacles auxquels nous avons assisté.

Au programme de notre pêle-mêle :

69ème Festival de Théâtre Amateur de Hronov (République Tchèque) :

Hronov est une petite ville de 7000 habitants au Nord-Est de la République Tchèque, à 5 km de la frontière polonaise. Ce petit bourg perdu dans le fin fond de la Bohème est un Temple du Théâtre Amateur. Pour l'anecdote il s'agit en effet du plus ancien Festival Amateur d'Europe, créé en 1931. Nous avons donc participé à la 69ème édition de cette manifestation, en tant que troupe étrangère invitée par la ville de Hronov, du 6 au 14 août 1999.

Notre rencontre avec Hronov date en fait d'il y a deux ans, puisque nous avions rencontré l'excellente troupe Tchèque tout d'abord à Rudolstadt puis à Dönzdorf (Allemagne). Nous avions pu admirer une version en tchèque de "L'Ours", de Tchékov, absolument époustoufflante, donnée par le groupe sénior de la troupe de Hronov : pas moins de 80 ans de moyenne d'âge pour les comédiens sur scène, et une énergie tout bonnement incroyable. Dès Rudolstadt, l'idée d'une représentation de Pomme d'Api en République Tchèque est lancée, Il aura fallu deux ans pour la concrétiser.

L'accueil réservé à Pomme d'Api fut tout simplement exceptionnel. Près de 600 spectateurs étaient présents alors que nous étions programmés en hors Festival, la veille de l'ouverture. 20 minutes de rappels, de plaisanteries et de rire avec le public, eux ne parlant pas français, nous ne parlant pas tchèque... Une fois de plus, Offenbach avait fait son oeuvre, tout comme l'excellente mise en scène d'Olivier Médicus. Le succès de Cupidon fut total, celui de notre Groom non moins enviable, tandis que les compliments unanimes allaient avant tout à l'endroit de notre travail et de notre rigueur sur les chants. Oui, c'est vrai, Pomme d'Api nous a demandé beaucoup de travail, et d'entretien. Là sans doute plus qu'ailleurs, la question de savoir s'il s'agissait de "vrai" théâtre ne se posait pas, et ça fait du bien...

Nous garderons de cette représentation du 6 août 1999 un souvenir sans doute impérissable, en particulier parce que nous inaugurions à cette occasion la toute nouvelle salle Josef Capek. Cette salle vaut un roman à elle seule. Sa construction fut entreprise avant la chute du mur. Après la séparation de la République Tchèque et de la Slovaquie, les budgets ont été considérablement revus à la baisse, et la décision du Ministère de la Culture était tout simplement d'interrompre la construction de la salle, et de "raser" les murs déjà érigés. La ville de Hronov décida alors de prendre à sa charge la poursuite des travaux, et de s'endetter sur 15 ans... La salle qui existe aujourd'hui est le résultat de cette obstination collective.

Pour commémorer l'inauguration, une plaque sera fixée à l'entrée, qui rappelera que "La salle Josef Capek a été inaugurée par la Compagnie Les Oranges Bleues le 6 août 1999 avec Pomme d'Api de Jacques Offenbach". Un gigantesque honneur pour nous, qui sera célébré en janvier 2000 avec une cérémonie officielle.

Le reste du Festival fut à l'image de ce que nous avions vécu ce soir-là. Tout d'abord, à l'issu de notre représentation, un défilé a été organisé dans les rues de Hronov, comme c'est la tradition pour la troupe qui donne le spectacle de veille d'ouverture. Nous voici dans les rues de Hronov, la torche à la main, suivant la fanfare au milieu des rires, des cris et des applaudissements. Ridicules partout ailleurs, nous avions le sentiment de vivre là un moment unique, dont chacun de nous se souviendra toute sa vie. Le cortège s'est prolongé jusqu'au parc de Hronov, où un orchestre attendait la foule. Après un discours de bienvenue en présence de Jacques Lemaire, président de l'AITA, nous avons allumé un brasier, dit "feu de l'amitié", dont les flammes dépassaient bientôt le toit des maisons. Retour au théâtre pour tout ranger et nous changer. Je ne me souviens plus de l'heure à laquelle nous nous sommes couchés.

Hronov est décidément un endroit pour le moins spécial pour le théâtre amateur. Depuis 1931, le Festival ne s'est jamais interrompu, pas même pendant la seconde guerre mondiale, où il était annoncé de façon clandestine. Même entêtement à dire debout, haut et fort ce que l'on pense pendant toute la période du régime communiste. Là sans doute plus qu'ailleurs, le théâtre amateur a trouvé une de ses raisons inextinguibles d'exister : celle de parler, de dire, au-delà de l'entrave. Même quand on a un bon spectacle, on ne se sent pas du même gabarit que ces amateurs-là que l'on rencontre à Hronov. Il se dégage d'eux quelque chose de nécessaire, de granitique, d'Historique.

Lors de la réception organisée par Madame La (?) Maire en notre honneur, nous nous risquons à quelques questions. "Est-ce qu'un candidat au poste de Maire de Hronov qui ne serait pas - comme vous - membre de la troupe de Théâtre, ou tout simplement passionné de théâtre, aurait une chance d'être élu ici ?". Réponse : Non, aucune. Seul mon adjoint est encore à peu près normal, mais il va s'améliorer. "Le festival de Hronov, c'est 15 spectacles en une semaine, dans deux salles, avec une moyenne de 500 spectateurs par spectacle. Vous indiquez que la 70ème édition sera internationale, et donc ouverte. Est-ce vrai ? Si oui, pourquoi faire ? Que pouvez-vous avoir de plus ?". Réponse : notre souhait est de nous ouvrir vers l'extérieur, car notre théâtre amateur a toujours été à l'image de ce que devait être l'histoire de notre pays.

Merveilleux, n'est-ce-pas ? Pour la seconde question, la réponse n'est sans doute - et malheureusement - pas complète. Il est sans doute vrai aussi que le Festival de Hronov doit composer avec les restrictions budgétaires qui ont conduit la ville à s'endetter sur 15 ans. L'ouverture est notamment celle vers l'Europe, sans doute, qui ne pourra pas demeurer insensible à ce collosal patrimoine. Reste à l'espérer.

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1er Festival International de Théâtre Amateur de Tanger (Maroc) :

Nous y étions, du 21 au 28 mai 1999, avec Pomme d'Api grâce à un contact fourni par la FNCTA.

C'est toujours émouvant de participer à la première édition d'un festival, de venir à le rencontre de ceux qui ont gambergé une histoire et un projet d'animation. La mayonnaise prendra-t-elle ?

Pour ce Festival-là, elle a pris !... Ouh, là, là !... De l'avis unanime des participants, pour un premier essai, ce fut un coup de maître, rien moins. Des Festivals ayant atteint ce degré de maturité, nous en avons vu peu. Des premières éditions se rangeant déjà dans la liste des endroits incontournables où l'on souhaitera aller, nous n'en avions encore jamais vues... Dix-neuf spectacles au programme, pour moitié en langue française et moitié en langue arabe. L'accueil fut tout simplement exceptionnel, chaque soirée étant ponctuée d'une réception princière dans les plus grands hôtels de Tanger, ou même au superbe Palais des Institutions Italiennes.

Organisé conjointement par la Fondation Lorin et par l'Institut Français de Tanger/Tétouan, ce festival doit beaucoup à l'enthousiasme et à l'énergie de Philippe Lorin (Président de la Fondation Lorin), de Jean-François Schaal (Directeur de l'Institut Français) et du personnel administratif de l'Institut Français. Depuis l'arrivée à l'aéroport jusqu' à la passerelle à notre retour, leur présence fut de tous les instants, une prouesse quand on sait que nous étions... 200 !... Ajoutons à cela une séance de maquillage/coiffure offerte - le jour de la représentation - par un institut de beauté de Tanger, et un photographe professionnel présent à chaque spectacle (les tirages étant disponibles et affichés dès le lendemain dans un labo au centre-ville) : ce Festival a déjà tout de l'événement, tant pour le spectateur que pour le festivalier.

Le Jury francophone était constitué de Guy Tréjean, Madeleine Robinson, Judith Magre, Evelyne Pagès et Farida Belyazid. Il nous a décerné le Grand Prix du Jury de ce premier festival de Tanger, ainsi qu'un "Coup de Coeur" pour Jean-Dominique Ronzier pour sa prestation dans le rôle de Cupidon. Deux autres Coups de Coeur : Françoise Barret (Compagnie "La Belle Equipe", Paris) pour sa prestation dans Couple ouvert à deux battants de Dario Fo, et Jean-Claude Arnal pour le rôle de "François" dans Le dîner de cons de Francis Weber.

Le Jury a décidé de limiter ses Coups de Coeur à trois. Il est domage qu'ils n'aient pas souhaité distinguer Jules Forget, remarquable "Paul Beaulieu" dans Condamné à Vie de Brian Clark, représenté par la "Compagnie Double-Défi" de Montlauriers (Québec).

Certes ce festival est avant tout un festival de théâtre, mais nous gardons également un souvenir plein d'admiration des objectifs de "Double-Défi", qui mériteraient un peu de prosélytisme :

faire jouer des amateurs - n'ayant pour la plupart jamais joué - et distribuer les fonds récoltés lors des représentations pour soutenir de jeunes entreprises qui débutent. Au delà de la diffusion culturelle systématique qu'offre "Double-Défi" dans une région relativement retirée du Québec (à ce que l'on a compris), ce sont quelques dizaines de milliers de dollards qui sont remis chaque année pour stimuler l'activité économique locale. C'est une seconde réussite du 1er Festival de Tanger - plus subtile sans doute - que d'avoir montré et annoncé l'existence de ce théâtre amateur-là : celui qui a sa place à part entière, de façon indiscutable et finalement trop rare.

C'est au même titre de cette courageuse proximité avec la réalité locale que nous avons beaucoup apprécié la prestation de "Rustines et Compagnie", seule troupe amateur de théâtre de rue débusquée par les organisateurs. Une générosité hors du commun, une énergie qui nous a séduits, comme elles ont séduit le public marocain venu nombreux pour entendre Molière. Le cliché ci-dessus a su capter simultanément les regards d'une des comédiennes de "Rustines" et d'un spectateurs : il est éloquent du courant qui est passé...

La seconde étition du Festival de Tanger est déjà en préparation. Si vous faites partie d'une troupe de théâtre amateur, n'hésitez donc pas à postuler dès maintenant auprès de Philippe Lorin ou de Jean-François Schaal. La seconde édition devrait se baser sur un Jury constitué notamment des groupes ou personnes primées à la première édition. Outre le plaisir et l'honneur d'en être, nous sommes honorés de participer à un festival qui sait revendiquer si bien le statut des troupes participantes, sans complexe d'infériorité par rapport aux "pros". Une maturité encore trop peu courante, étonnamment précoce pour ce festival presque parfait.

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8ème Festival de Théâtre Amateur de Maisons-Laffitte (Yvelines, 78) :

 

Un grand bravo, "comme d'habitude" serait-on tenté de dire, à l'excellent festival organisé chaque année par Sébastien Biessy et ses amis de la "Comédie de la Mansonnière". La 8ème édition avait lieu du 12 au 16 mai 99. Nous y avons donné notre première représentation de notre nouveau spectacle, Sade, monté en collaboration avec "La Compagnie du Souffleur en Retard" de Meudon.

Le Jury, présidé par Victor Haïm, a décerné à notre travail trois des cinq prix du festival : le Prix du Jury (Prix du Conseil Général des Yvelines), le Prix d'interprétation féminine pour Isabelle Lefèvre pour sa prestation dans les rôles de "Renée-Pélagie de Sade" et d'"Anne-Prospère Delaunay", et le Prix d'interprétation masculine pour Christophe Bureau dans le rôle de "Sade".

Le "Cheval d'Or" - qui récompense la troupe représentant l'Ile-de-France aux finales nationales de FESTHEA a été décerné à la "Compagnie du Souffleur", pour La Locandiera de Goldoni.

Déçus de n'avoir pas eu ce prix-là surtout, bien entendu, car remporter cette sélection c'est se projeter dans l'avenir pour une autre représentation, pour une retrouvaille avec ce texte que nous mâchions et travaillions depuis 8 mois. Espérons qu'il y aura d'autres opportunités.

Nous avons particulièrement apprécié l'atmosphère de rencontre et de critique organisée pour l'occasion, grâce à un original et particulièrement dynamique "Café critique". Ce Café critique se tenait devant la salle juste après la représentation, et était animé par une personne ne faisant pas partie du Jury, idée subtile qui permet de ne pas tout mélanger. C'est ce qui nous a permis de repartir avec un sac de saines critiques, autre récompense de taille quand on vient à Maisons-Laffitte.

A noter également que ce Café critique était relayé chaque jour par la parution d'un petit journal, "Le Comportement", où quelques uns assument la rédaction de critiques - parfois sans trop de délicatesse il est vrai, mais en tous les cas sans la moindre complaisance. C'est un des points très forts des festivals s'organisant sous l'aile de FESTHEA, où la création théâtrale est fréquemment à l'honneur.

En bref, un grand bravo à Sébastien Biessy et à son équipe, pour un festival désormais devenu un des événements culturels de l'Ile-de-France.

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Festival International de Théâtre de Toyama (Japon) :

Quelques notes de voyage, par Yann Albert : "Allegro ma non troupeau"...

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